Intervention de Michèle PICARD, Maire de Vénissieux, Vice-présidente de la Métropole de Lyon, sur le rapport N°26 : « SANTÉ HYGIÈNE PUBLIQUE – Renouvellement de la Convention d’objectifs Point Accueil Écoute Jeunes Sud-Est Lyonnais 2026-2028 et attribution d’une subvention à la fondation Action et Recherche Handicap et santé Mentale pour l’année 2026.»
Etre jeune aujourd’hui n’est pas facile, pour de multiples raisons.
Les 15-25 ans vivent dans un monde qu’on peut qualifier d’anxiogène, où les guerres, le réchauffement climatique et les mauvaises nouvelles rythment notre quotidien et minent le moral. Il est difficile pour notre jeunesse de se projeter, de croire en des lendemains prometteurs, d’ouvrir les portes du marché du travail. Ils ont par moments l’impression d’être au pied d’un mur infranchissable.
La crise sanitaire et les périodes de confinement ont accentué le mal-être d’une génération qui s’est sentie isolée et abandonnée, étouffée par de réelles difficultés financières et d’accès au logement, par des études à l’arrêt et des liens sociaux rompus. Quand tout semble vous tomber sur la tête, quand tout vous semble contraire, on perd confiance en soi et la santé mentale en ressort fragilisée.
Le renouvellement de la convention d’objectifs Point Accueil Écoute Jeunes Sud-Est Lyonnais 2026-2028 entre en résonance avec les difficultés rencontrées par une partie de notre jeunesse. Et elle est également en phase avec la politique municipale de santé publique et les actions de notre Atelier Santé Ville que la Ville de Vénissieux mène depuis des années.
La Fondation Action Recherche Handicap et Santé Mentale (ARHM), à laquelle nous accordons une subvention de plus de 34 000€ pour soutenir la mise en œuvre des actions Point Écoute Jeunes sur notre territoire, œuvre dans les domaines de la santé mentale, du handicap, de la prévention et de l’insertion.
Dans les locaux du Point Accueil Écoute Jeunes, mis en place en 2009, sont accueillis sans condition, de façon anonyme et confidentielle, des jeunes de 12 à 25 ans.
Des psychologues et des éducateurs spécialisés sont à leur écoute et développent ainsi tout un travail d’accompagnement et de prévention. Le mal-être peut être lié à une souffrance psychique, à des rapports parents-enfants ou avec des proches compliqués, à des conduites à risques, à des dépendances, pas simplement à l’alcool ou aux drogues, mais aux écrans. Il s’agit alors de trouver la bonne orientation pour, le cas échéant, une prise en charge spécifique et adaptée.
Le soutien à la parentalité par des entretiens parents-enfants et parents seuls font partie des missions remplies par l’ARHM, tout comme l’animation d’actions extérieures de prévention auprès des jeunes, avec les équipes éducatives des établissements scolaires en lien avec les projets de prévention pilotés par la DUPS et l’Atelier Santé Ville. Des permanences téléphoniques les mardis et mercredis de chaque semaine sont assurées. Des transversalités étoffent ainsi tout le travail entrepris dans notre Conseil local de santé mentale, l’Atelier Santé Ville et bien sûr dans notre Contrat Local de Santé.
Il faut sortir les questions de santé mentale des préjugés auxquels elles prêtent lieu. Le premier consiste à croire que la déprime et la dépression sont réservés aux autres, mais pas à soi. C’est faux, et ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on en serait prémuni, bien au contraire, surtout à un âge sensible où se construit la personnalité de chacun. Le second est de considérer la santé mentale comme une problématique secondaire. Je crois au contraire que la santé, l’accès à la santé et la santé mentale sont un enjeu majeur dans nos villes et constituent une des priorités de nos politiques publiques de proximité.
Je vous remercie.
