Intervention de Michèle PICARD, Maire de Vénissieux, Vice-présidente de la Métropole de Lyon, sur le rapport N°1 : « ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES – Rapport de situation comparée entre les femmes et les hommes sur l’année 2024. ».
Selon l’index de l’égalité professionnelle femmes-hommes, la ville de Vénissieux obtient un total de 88 points sur 100 en 2024, contre 77 points en 2023.
Cette progression illustre les avancées et le travail accompli, mais il est bon de rappeler que l’indice d’une année sur l’autre peut varier en fonction d’impondérables : plus de promotions, de recrutements féminins ou masculins dans une filière telle année, moins l’année suivante. L’index peut donc être soumis à des variations dont les causes ne sont pas liées aux politiques publiques menées.
Il n’empêche, ce rapport de situation montre qu’une prise de conscience pour l’égalité femmes-hommes a eu lieu dans le monde professionnel comme dans notre société, mais le chemin à parcourir est encore long. On peut ainsi observer que la moyenne des écarts de rémunération par filière entre les femmes et les hommes dans notre ville s’est nettement réduite.
Prenons le cas des contractuels : la différence de rémunération en défaveur des femmes s’explique principalement par une différenciation dans les filières d’activité et de catégorie selon le genre : les femmes sont principalement employées dans le domaine du social et du médico-social sur des postes de catégorie C, tandis que les hommes contractuels sont majoritairement recensés sur la filière technique et sur des catégories A ou B. Par ailleurs, les hommes sont plus nombreux à occuper des postes donnant lieu à des heures supplémentaires rémunérées et majorées. En effet, seuls 33% des agents effectuant des heures supplémentaires sont des femmes, contre 67% d’hommes.
La première injustice, et il serait temps d’y mettre fin, c’est de continuer de sous-rémunérer les filières sociale et médico-social, occupées presque exclusivement par des femmes.
Ce n’est pas justifiable et les conséquences sont lourdes pour les communes, les personnels, les familles tant nous peinons par exemple à pourvoir des postes dans les crèches et la petite enfance. L’un des murs auxquels la fonction territoriale se heurte est lié à une mixité très faible dans certaines filières. Au sein de la collectivité, 67 % des effectifs sont féminins, 33 % masculins. Mais si l’on regarde à la loupe, on s’aperçoit qu’outre le secteur social et médico-social, les postes administratifs sont très féminisés tandis que la police municipale et la filière technique restent en très grande majorité masculines.
Il faut agir en amont dès le parcours scolaire et universitaire, en ouvrant le plus possible les enseignements et les formations, moins genrés, moins exclusifs. C’est aussi un défi d’agir dès les années d’études et dans les cursus des lycées professionnels. Changer les mentalités et les stéréotypes va prendre du temps, même si les lignes bougent là aussi.
Je note par exemple des actions aux collèges Elsa Triolet et Jules Michelet pour promouvoir les filières scientifiques au sein desquelles les filles sont sous-représentées par idées reçues ou freins inconscients. Un travail de fond reste à accomplir.
A la lecture de ce rapport, chacun peut se rendre compte que l’égalité femmes-hommes est présente dans toutes les thématiques et toutes les actions que les collectivités territoriales entreprennent. Ce n’était pas le cas il y a 20 ans.
Vénissieux s’est engagée avec détermination dans ce combat, car il s’agit bien d’un combat. Il y a le Festival Essenti’elles et notre lutte contre les violences faites aux femmes. Hébergement d’urgence, accueil des victimes par l’intervenante sociale ville auprès du commissariat, mission de suivi par le CCAS et d’accompagnement social et juridique par l’association Viffil-SOS Femmes, conventions avec les villes de Saint-Fons et Corbas pour répondre aux enjeux d’éloignement du domicile conjugal, nos dispositifs sont coordonnés et multiples.
A ce titre, des actions de sensibilisation aux violences intrafamiliales ont été réalisées auprès des agents de la ville. En matière de santé, notre ville participe depuis 2021 à la grande collecte de protections périodiques organisée par la Métropole, agit sur la prévention des cancers du sein dans le cadre du mois Octobre Rose, et des cancers féminins plus généralement. La santé des femmes a été intégrée dans notre Forum Rendez-vous avec ma santé. Je note aussi le travail du centre d’information sur les droits des femmes et des familles, dont les permanences ont lieu à la mairie de quartier de Vénissy, pour accompagner près de 130 femmes dans les démarches relatives aux droits des salariés et de la famille.
En direction de l’enfance, dans les EPJ, au sein du conseil municipal d’enfants, auprès des collèges, de nombreuses actions pédagogiques sont mises en œuvre en faveur de l’égalité filles-garçons.
Dans nos équipements culturels, dans le Grand Projet de Ville, dans la démocratisation de la pratique sportive, la place des femmes et de leurs droits nourrissent toutes nos politiques de proximité comme un élément transversal de progrès social dans la vie de nos services comme dans la vie de Vénissieux. C’est cette impulsion et cette tâche que je mène à la Métropole en tant que vice-présidente à la Lutte contre les discriminations et à l’égalité femmes/ hommes. Un second plan 2024-2026 de 62 actions y est déployé avec l’objectif de développer une culture commune de l’égalité. Nous le savons, les avancées s’effectuent pas à pas, le chemin sera long, mais c’est celui dans lequel tout le monde doit s’engager.
Je vous remercie.

